vendredi 14 décembre 2007

Interview de Bruno Kern - Est Républicain du 13 décembre 2007

Jean-Pierre Chevènement estime que le PS engage un «galop d’essai » dans cette élection municipale. Le pensez-vous ?

- Il emploie effectivement beaucoup de termes équestres, s’égarant même dans une comparaison bien peu élégante entre un âne et un étalon. Mais ce n’est pas un galop d’essai. Ou alors il faut admettre que son poulain, Etienne Butzbach, en fait également un, partant sur la même ligne de départ que moi, mais chargé comme un mulet par les déclarations inutilement provocantes de Jean-Pierre Chevènement.

Remettez-vous en cause la légitimité du maire sortant ?

- Jean-Pierre Chevènement estime que la liste de rassemblement de la gauche doit se constituer autour du maire sortant. Mais il ne s’agit pas d’Etienne Butzbach, qui est simplement un adjoint désigné à ce poste jusqu’à mars2008, ce que je ne remets d’ailleurs pas en cause. Le vrai maire sortant, c’est Jean-Pierre Chevènement, car c’est lui qui était tête de liste en 2001 et c’est donc lui que les Belfortains ont élu maire. Il sait bien que la légitimité résulte du suffrage universel, sinon il ne chercherait pas à imposer une tête de liste MRC. S’il voulait ce rassemblement derrière le maire sortant, il n’aurait pas dû démissionner. Il s’est lui-même mis hors-jeu. Je le sens plein d’amertume alors que toute la gauche belfortaine aimerait lui voir jouer le rôle d’un sage plutôt que celui d’un père fouettard distribuant bons et mauvais points.

Jean-Pierre Chevènement vous accuse de vouloir faire la peau au MRC. Est-ce le cas ?

Absolument pas, puisque je propose une liste d’union équilibrée, avec 15 socialistes, plus le futur maire, et 15 MRC, dont le futur président de la communauté d’agglomération. Il s’agit d’une vraie proposition à la différence de celle de Jean-Pierre Chevènement lorsqu’il se déclare ouvert à la discussion pour le poste de sénateur.
Sa pensée peut se résumer en une phrase: je dois garder ce que j’ai et prendre ce que je n’ai pas encore. C’est la définition même de l’hégémonisme !

L’alliance PS-Verts-PRG dont vous êtes le chef de file incarne-t-elle pour autant le véritable rassemblement de la gauche belfortaine ?

- Nous affichons en tout cas une réelle volonté d’union, ce qui n’est pas le cas de Jean-Pierre Chevènement, qui n’est pas à une contradiction près. En novembre, dans vos colonnes, il critiquait l’alliance que j’ai nouée avec les Verts et lundi dernier, toujours dans vos colonnes, il annonçait que des écologistes indépendants seraient autour d’Etienne Butzbach. Pour être sur une liste MRC, il faut faire acte d’allégeance. Pour être sur une liste de gauche à mes côtés, il faut faire acte d’alliance. On ne peut pas à la fois appeler au rassemblement et se montrer méprisant à l’égard des Verts et des radicaux de gauche, et blessant à mon égard en niant mes racines belfortaines et en jetant le discrédit sur mes compétences. J’avais proposé à Jean-Pierre Chevènement d’être son suppléant à l’élection législative pour éviter toute dissidence, ce qu’il a refusé. De même, après sa démission du conseil municipal, nous avions proposé que le poste de premier adjoint revienne à un socialiste, ce qui a été refusé au bénéfice du premier secrétaire fédéral du MRC, un antisocialiste primaire. C’est la politique du fait accompli et je me demande si Jean-Pierre Chevènement, dans son for intérieur, n’a pas la tentation de la terre brûlée pour retrouver dans la mémoire des Belfortains la reconnaissance du travail accompli qui lui a cruellement manquée dans les urnes.


Quelle est la véritable ambition d’un candidat qui est resté longtemps absent de Belfort ?

Ma seule ambition, elle est pour Belfort. Je suis né ici, j’y ai grandi et mes parents y vivent. Même éloigné, je m’y suis marié et ma fille y a été parrainée républicainement. Je trouve naturel de redonner à ma ville ce que la vie m’a apporté. Je travaille et fais travailler une quinzaine de personnes. Je ne veux pas gagner un mandat pour en tirer des indemnités et je n’ai aucun privilège à auvegarder.

Irez-vous jusqu’au bout ?

Avec Alain Fousseret, porte- parole des Verts, et Christian Leblanc, président des radicaux de gauche, nous pensons que le temps est venu de laisser les Belfortains choisir leur nouveau maire après 30 ans de vaines querelles et d’accords d’appareils scellés à Paris derrière leur dos.

Bruno Kern
Tête de liste de l'Alliance pour Belfort

Aucun commentaire: